Rudolf Brazda. Un nom qui pour la grande majorité des gens n’évoque sans doute rien. Une ignorance hélas légitime au regard du peu de pédagogie qui entoure encore aujourd’hui une page sinistre, méconnue, de l’histoire de l’Humanité.
Rudolf Brazda c’est une histoire et un combat, une lutte pour le droit à la différence.
Rudolf est le dernier survivant connu des triangles roses, ces déportés du nazisme pour homosexualité, pénalement coupables aux termes du tristement célèbre paragraphe 175 de l’ancien code pénal allemand * de « débauche contre nature », moralement coupables d’être différents, bêtement, ignominieusement coupables…coupables parce que c’est comme ça un point c’est tout.
Né en 1913 en Thuringe, Rudolf BRAZDA est de cette génération qui a connu la paix et la guerre, la tolérance et la haine, la liberté et l’exclusion, les annexions, les déportations, les départs de ceux qu’il ne revit plus jamais, jusqu’au jour ce fut lui qui partit ; l’indifférence et l’amnésie d’un e Europe naissante la paix retrouvée. Contre tout cela, Rudolf a décidé de vivre. Vivre et ne pas se taire. Refuser de ne pas être coupable d’aimer. Porter un message d’amour et d’espoir. Plus d’un demi-siècle d’une lutte inlassable pour la tolérance, la compréhension, pour le devoir de mémoire.
1913, 1937, 1942, 1945, 2008 et aujourd’hui jeudi 28 avril 2011.
Près d’un siècle d’un chemin de larmes et d’espoir.
Sur intervention de madame Joëlle CECCALDI- RAYNAUD, maire de PUTEAUX, député des Hauts-de-Seine, vice -présidente de l’association Elus Locaux Contre le Sida, Rudolf BRAZDA a été élevé au grade de la Chevalier de la Légion d’Honneur sur le contingent du Premier ministre. C’est aussi des mains du maire de Puteaux, en présence de Jean-Luc ROMERO, des adjoints, des élus, de nombreux putéoliens, que ce dernier a reçu les plus prestigieux insignes de la République. Une juste récompense à la mesure de la grandeur du personnage et de sa lutte contre ce fléau d’aujourd’hui qu’est l’oubli à l’heure ou les discours les plus abjects de haine et de division refont surface. Car à travers un homme qui dans l’indifférence la plus complète a traversé les heures les plus honteuses de notre Histoire, c’est à toutes les victimes de la barbarie que la municipalité de Puteaux rend hommage. Nous connaissons tous l’attachement personnel de Joëlle CECCALDI- RAYNAUD à la lutte contre la discriminations sous toutes ses formes. Un combat auquel les humanistes, les démocrates s’associent sans réserve.
0n estime à 100 000 le nombre de déportés au triangle rose…10 000 seulement sont revenus de l’horreur. Rudolf en fait partie, il est la mémoire de l’avenir.
«Rechercher la vérité, la comprendre,
la dire, afin de ne pas subir
la loi du mensonge qui passe.»
Jean JAURÈS (1859-1914)
* On appelle paragraphe 175 l’article 175[1] du Code pénal (Strafgesetzbuch) allemand qui condamnait l' homosexualité masculine, de 1871 à 1994. C'est au nom de ce paragraphe que plusieurs dizaines de milliers d'homosexuels ont été arrêtés et envoyés dans les camps de concentration sous le régime nazi. Ce même paragraphe a également permis avant 1933 et encore longtemps après la guerre (dans la pratique, jusqu'aux années 1970) de poursuivre les homosexuels devant la justice et de les condamner parfois à des peines de prison (…) Lors de l'unification allemande, en 1871, le gouvernement du chancelier Otto von Bismarck choisit de reprendre une vieille loi prussienne datant de 1794 et qui condamne l'homosexualité masculine.
« Die widernatürliche Unzucht, welche zwischen Personen männlichen Geschlechts oder von Menschen mit Tieren begangen wird, ist mit Gefängnis zu bestrafen. »
(Traduction :) « La fornication contre nature, pratiquée entre personnes de sexe masculin ou entre gens et animaux, est punie de prison. »
Les homosexuels allemands bénéficiaient pourtant d'une relative tolérance au début du XXème siècle. À Berlin, les homosexuels avaient déjà leurs bars, leurs restaurants et une revue, l'Eigene.
L'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitle chrange la donne. En 1935, les peines prévues par le paragraphe 175 sont doublées. Les homosexuels sont pourchassés, arrêtés, envoyés dans des camps de concentration, où ils sont torturés et subissent des expériences médicales. Placés au bas de l'échelle hiérarchique des prisonniers, forcés de porter le triangle rose (der rosa Winkel), leur taux de mortalité est l'un des plus élevés parmi les catégories de prisonniers, avec celui des Juifs. Contrairement aux déportés politiques, religieux ou raciaux, qui bénéficièrent de la compassion ou de la culpabilité des populations après la découverte des camps, les déportés homosexuels furent l'une des seules catégories qui continua de subir la réprobation sociale. Jusqu'à la fin des années 1960, il arrive encore en Allemagne que la police débarque au milieu de la nuit, sur dénonciation des voisins, chez un homme célibataire recevant la visite d'un autre homme, afin de vérifier s'ils dorment dans le même lit.
Le paragraphe 175 ne fut modifié qu'en 1969 : l'homosexualité cessa d'être un motif d'emprisonnement. Mais, comme en France, l'âge du consentement à un rapport sexuel reste plus élevé pour les homosexuels, et de nombreux homosexuels restent poursuivis, mais pour outrage à la pudeur.
Le paragraphe 175 fut finalement abrogé en 1994.
Source : Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Paragraphe_175
les oublié(e) de la mémoire: http://www.devoiretmemoire.org/
Rudolf BRAZDA : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Brazda
http://www.devoiretmemoire.org/memoire/temoins_histoire/rudolf_brazda.html
Stéphane LEONI
Délégué de la 6ème circonscription des Hauts-de-Seine du Parti Radical
Secrétaire- Général Adjoint de la Fédération des Hauts-de-Seine du Parti Radical
Membre du Comité Exécutif du Parti Radical
Membre de la Commission Mémoire et Histoire de la LICRA
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